
Et s'il ou elle gagnait ?
Et si Marine Tondelier gagnait ?
Marine Tondelier, dont la candidature doit être confirmée ou non par un vote des adhérents des Écologistes du 10 au 13 décembre 2026, porte le programme adopté par son parti le 13 juillet 2026. Ses priorités annoncées seraient un salaire minimum à 2 000 euros brut dès 2027, le retour de la retraite à 62 ans, une contribution supplémentaire sur le 1 % des plus gros héritages affectée à l'adaptation au changement climatique, et le passage à une nouvelle Constitution, la « Première République écologique et citoyenne ».
Voir la fiche complète de Marine Tondelier →Les premières mesures annoncées
Dans l'ordre où le candidat dit vouloir les prendre. L'étiquette indique ce qu'il faudrait pour les appliquer.
- 1La première annéeDécret
Salaire minimum à 2 000 euros brut
Le salaire minimum serait porté à 2 000 euros brut par mois « dès 2027 ».
Le montant du SMIC est fixé par décret ; le gouvernement peut décider une revalorisation supérieure à la revalorisation automatique prévue par le Code du travail, sans vote du Parlement. Le Figaro, juil. 2026 ↗
- 2La première annéeBudget
Contribution sur les plus gros héritages
Les héritages de plus de 4 millions d'euros supporteraient une contribution supplémentaire de 10 %, et de 10 % de plus au-delà de 13 millions d'euros ; les recettes, attendues « dès 2027 », financeraient l'adaptation au changement climatique.
Les droits de succession et le pacte Dutreil sont fixés par le Code général des impôts et modifiés par la loi de finances votée chaque année. Reporterre, sept. 2026 ↗
- 3La première annéeBudget
Plan de rénovation du bâti scolaire
Un plan de 4 milliards d'euros par an pendant dix ans, financé pour moitié par l'État et pour moitié par les collectivités dès 2027, rénoverait et adapterait à la chaleur écoles, collèges et lycées.
La part de l'État doit être votée en loi de finances ; la part des collectivités, propriétaires des bâtiments scolaires, dépend de leurs propres budgets. France 24 (AFP), août 2026 ↗
- 4Pendant le quinquennatLoi
Abrogation de la réforme des retraites de 2023
La réforme de 2023 serait abrogée pour revenir à un âge légal de 62 ans, avec un objectif de 60 ans selon la pénibilité du travail.
L'âge légal de départ est fixé par la loi (Code de la sécurité sociale) ; la réforme de 2023 avait elle-même été adoptée dans une loi de financement rectificative de la sécurité sociale. Le Monde, juil. 2026 ↗
- 5Pendant le quinquennatLoi
Loi de programmation climatique
Une loi de programmation planifierait la neutralité carbone en 2050, avec une sortie du nucléaire d'ici vingt ans.
Les objectifs de la politique énergétique, dont la part du nucléaire, sont fixés par la loi (Code de l'énergie) ; l'arrêt de réacteurs existants passe aussi par des décisions de l'exploitant et de l'État. Le Monde, juil. 2026 ↗
- 6Pendant le quinquennatConstitution
Nouvelle Constitution
Une « Première République écologique et citoyenne » remplacerait la Ve République, avec un septennat unique, l'élection des députés à la proportionnelle intégrale et l'inscription d'un « principe d'habitabilité » dans la Constitution.
La Constitution de 1958 ne prévoit que la procédure de l'article 89 : texte voté en termes identiques par l'Assemblée et le Sénat, puis approuvé par référendum ou par le Congrès aux trois cinquièmes. Le mode de scrutin des députés relève, lui, de la loi ordinaire. Le Monde, juil. 2026 ↗
Ce qui changerait pour vous
Selon votre situation, d'après les propositions publiées.
Salarié
Un salarié au salaire minimum serait payé 2 000 euros brut par mois dès 2027 ; dans les métiers pénibles ou de nuit, la durée du travail passerait à 32 heures sans perte de salaire.
Retraité
Un retraité imposable perdrait l'abattement fiscal de 10 % appliqué aux pensions, dont la suppression figure au programme.
Étudiant
Un jeune pourrait percevoir dès 18 ans un nouveau revenu minimum égal à 50 % du SMIC, qui remplacerait le RSA.
Parent
Les enfants ne se verraient plus servir d'aliments ultratransformés à la cantine, et la publicité télévisée pour les produits trop sucrés ou trop salés serait interdite avant 21 heures.
Indépendant
Un dirigeant de TPE ou de PME soumise à l'impôt sur les sociétés bénéficierait d'une baisse du taux réduit de cet impôt, que le programme associe au relèvement du salaire minimum.
Locataire
Un locataire qui perçoit les APL verrait son aide revalorisée de 10 %.
Thème par thème
- Pouvoir d'achat et impôts
- Le salaire minimum passerait à 2 000 euros brut par mois dès 2027 ; les patrimoines de plus de 100 millions d'euros seraient soumis à un impôt plancher de 2 % (taxe Zucman) et un ISF doté d'une composante climatique serait rétabli. Le Figaro, juil. 2026 ↗
- Retraites
- L'âge légal de départ reviendrait à 62 ans, avec un objectif de 60 ans selon la pénibilité du travail, qui serait mieux reconnue. Le Monde, juil. 2026 ↗
- Santé
- Les perturbateurs endocriniens, les substances cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques et les PFAS seraient interdits dans les produits du quotidien (alimentation, textiles, protections hygiéniques, cosmétiques). Le Figaro, mai 2026 ↗
- École
- La rémunération des fonctionnaires augmenterait d'au moins 10 %, et de 15 % pour les professeurs, avec un point d'indice indexé sur l'inflation. L'Opinion, juil. 2026 ↗
- Écologie et énergie
- Les nouveaux programmes de réacteurs EPR2 et SMR seraient arrêtés et le parc nucléaire progressivement éteint, avec un objectif de production électrique entièrement renouvelable. Le Figaro, juil. 2026 ↗
- Europe et international
- La France plaiderait pour un « saut fédéral européen », jusqu'à la création d'un haut conseil militaire intégré rattaché au Conseil européen. Le Figaro, juil. 2026 ↗
- Institutions
- Le président serait élu pour un septennat unique et les députés à la proportionnelle intégrale, dans le cadre d'une nouvelle Constitution. Le Monde, juil. 2026 ↗
Combien ça coûte ?
Estimations publiées, avec le nom et la nature de leur auteur : le candidat lui-même, ou des organismes indépendants (think tanks, centres de recherche, institutions) qui n'ont pas tous la même sensibilité. Comparez-les plutôt que d'en retenir une seule.
Contribution sur les héritages de plus de 4 millions d'euros
10 milliards d'euros dès 2027, puis 15 milliards d'euros les années suivantes
Selon La candidate elle-même · Reporterre, sept. 2026 ↗
Plan national d'adaptation au changement climatique
7 milliards d'euros par an d'ici 2032
Selon Les Écologistes (programme du 13 juillet 2026) · Le Monde, juil. 2026 ↗
Rénovation du bâti scolaire
4 milliards d'euros par an pendant dix ans, pour moitié à la charge de l'État
Selon La candidate elle-même · France 24 (AFP), août 2026 ↗
Taxe Zucman (impôt plancher de 2 % au-delà de 100 millions d'euros de patrimoine)
20 milliards d'euros par an
Selon L'économiste Gabriel Zucman, auteur de la proposition · franceinfo, sept. 2025 ↗
Abrogation de la réforme des retraites de 2023 et retour de l'âge légal à 62 ans
Coût de 10,4 milliards d'euros par an pour le système de retraite en 2035 (coût « plus élevé » pour l'ensemble des finances publiques)
Selon Cour des comptes · Merci pour l'info, mars 2025 ↗
Taxe Zucman (impôt plancher de 2 % sur les patrimoines de plus de 100 millions d'euros)
Recettes « 10 fois moins » élevées que les 15 à 25 milliards d'euros par an avancés par ses défenseurs ; 2 à 3 milliards d'euros par an une fois l'impôt sur les sociétés déjà payé pris en compte, selon le rapport du Sénat repris par la Fondation
Selon Fondation iFRAP (think tank libéral) · Fondation iFRAP ↗
Ce qui pourrait bloquer
Obstacles juridiques, institutionnels ou budgétaires relevés par des sources identifiées.
Changement de Constitution et accord du Sénat
Toute révision de la Constitution doit être votée en termes identiques par l'Assemblée nationale et le Sénat, puis approuvée par référendum ou par le Congrès aux trois cinquièmes ; en cas de désaccord entre les deux chambres, le texte est abandonné.
Taxe Zucman et Conseil constitutionnel
Des juristes cités par Public Sénat relèvent un risque de censure pour caractère « confiscatoire », un rapport sénatorial estimant qu'un taux de 2 % sans plafonnement s'exposerait à la censure ; le Conseil constitutionnel ne s'est pas prononcé sur ce dispositif.
Programme non chiffré dans son ensemble
Lors de sa présentation le 13 juillet 2026, la direction du parti a indiqué que les mesures du programme devaient encore être chiffrées « dans un second temps » ; seuls quelques montants ont été publiés depuis.
Majorité à l'Assemblée nationale
La plupart des mesures supposent le vote d'une loi par une Assemblée élue en 2024 ; la présidente élue pourrait la dissoudre (art. 12 de la Constitution), de nouvelles élections ayant alors lieu dans un délai de 20 à 40 jours.
Projection mise à jour le 15 octobre 2026, fondée sur les annonces du candidat. Ce ne sont pas des résultats garantis : la plupart des mesures supposent une majorité au Parlement. Une erreur ? contact@onvotepourqui.fr