
Et s'il ou elle gagnait ?
Et si Bruno Retailleau gagnait ?
S'il était élu, Bruno Retailleau soumettrait dès la rentrée 2027 à référendum un « pacte constitutionnel » qui élargirait le référendum à toute question législative et permettrait de passer outre une censure du Conseil constitutionnel, avec pour objectif affiché de réduire l'immigration, notamment par la suppression du droit du sol. Il annonce aussi un plan de 197 milliards d'euros d'économies d'ici à 2032, sans hausse d'impôts, et une réforme des retraites fixant un âge minimal de départ à 63 ans et un taux plein à 65 ans.
Voir la fiche complète de Bruno Retailleau →Les premières mesures annoncées
Dans l'ordre où le candidat dit vouloir les prendre. L'étiquette indique ce qu'il faudrait pour les appliquer.
- 1La première annéeConstitution
Référendum sur un « pacte constitutionnel »
Le Parlement serait saisi dès l'arrivée à l'Élysée d'un projet de révision constitutionnelle et d'une « charte de l'ordre républicain », soumis ensuite aux Français par référendum « dès la rentrée 2027 ». Le référendum serait ouvert à « toute question législative ».
Une révision de la Constitution suit l'article 89 : le texte doit être adopté dans les mêmes termes par l'Assemblée nationale et le Sénat avant d'être approuvé par référendum ou par le Congrès aux 3/5. Les Républicains (entretien au Figaro), sept. 2026 ↗
- 2La première annéeLoi
« Choc de pouvoir d'achat » pour ceux qui travaillent plus
Un « choc de pouvoir d'achat » serait promis dès 2027 aux actifs qui travailleraient davantage, le candidat évoquant « près de deux mois de salaire net en plus par an » pour les salariés concernés. Il prévoit aussi 15 milliards d'euros de cotisations patronales en moins.
Le temps de travail relève du Code du travail et les allègements de cotisations d'une loi, en pratique la loi de financement de la Sécurité sociale. Capital, oct. 2026 ↗
- 3Pendant le quinquennatConstitution
Suppression du droit du sol
Un enfant né en France de parents étrangers n'acquerrait plus la nationalité française du fait de sa naissance et de sa résidence sur le territoire. Le candidat veut faire trancher cette suppression par référendum.
Le droit du sol relève du Code civil, mais le candidat passe par un référendum que l'article 11 ne permet pas aujourd'hui sur l'immigration ; la voie la plus prudente est donc une révision constitutionnelle préalable (art. 89). TF1 Info, sept. 2026 ↗
- 4Pendant le quinquennatBudget
Plan de 197 milliards d'euros d'économies
La dépense publique serait réduite de 197 milliards d'euros d'ici à 2032 (96 milliards sur l'État, 91 milliards sur la sphère sociale, 10 milliards sur les collectivités), dont 51 milliards « rendus » aux ménages et aux entreprises. 400 000 départs à la retraite de fonctionnaires ne seraient pas remplacés pendant le quinquennat.
Les économies sur l'État et la Sécurité sociale passent par les lois de finances et de financement de la Sécurité sociale votées chaque année par le Parlement. Capital, oct. 2026 ↗
- 5Pendant le quinquennatLoi
Réforme des retraites 63-65 ans
Il ne serait plus possible de partir avant 63 ans ; un départ avant 65 ans entraînerait une décote de 7 % par année manquante, et le taux plein serait automatique à 65 ans (contre 67 ans aujourd'hui), cet âge étant ensuite lié à l'espérance de vie. Une part de capitalisation de 25 à 30 % serait introduite pour les jeunes entrant sur le marché du travail.
L'âge légal de départ, la décote et l'âge du taux plein relèvent de la loi (Code de la sécurité sociale), le plus souvent via une loi de financement de la Sécurité sociale. franceinfo, sept. 2026 ↗
- 6Pendant le quinquennatConstitution
« État d'urgence anti-trafics »
Entre 50 et 60 quartiers touchés par le trafic de drogue pourraient être « bouclés 24h/24 », avec contrôle des entrées et des sorties et coupure possible des communications. La détention provisoire serait allongée et les mineurs sanctionnés par de courtes peines dès les premiers délits.
Le candidat indique lui-même que ce nouvel état d'urgence nécessite une réforme de la Constitution (art. 89), en plus d'une loi d'application. 20 Minutes, avr. 2026 ↗
Ce qui changerait pour vous
Selon votre situation, d'après les propositions publiées.
Salarié
Un salarié qui accepterait de travailler davantage gagnerait, selon le candidat, « près de deux mois de salaire net en plus par an ».
Retraité
Une personne proche de la retraite ne pourrait pas partir avant 63 ans, subirait une décote de 7 % par année de départ avant 65 ans et toucherait le taux plein automatiquement à 65 ans, même sans tous ses trimestres. Les retraités actuels ne seraient pas concernés par l'introduction de la capitalisation.
Étudiant
Un jeune entrant sur le marché du travail verrait 25 à 30 % de sa future retraite financés par capitalisation.
Parent
Les parents auraient la « liberté de choisir l'école de leurs enfants » ; leurs enfants retrouveraient des notes chiffrées et ne passeraient plus tous par un collège unique.
Propriétaire
Un propriétaire ne pourrait plus bénéficier de MaPrimeRénov' pour ses travaux de rénovation énergétique, le dispositif étant supprimé.
Thème par thème
- Pouvoir d'achat et impôts
- Les salariés acceptant de travailler davantage percevraient selon le candidat « près de deux mois de salaire net en plus par an », et la facture d'électricité baisserait de l'équivalent d'environ deux mois de dépenses. 21 milliards d'euros iraient aux ménages et 30 milliards aux entreprises (15 milliards de cotisations patronales et 15 milliards d'impôts de production en moins), sans hausse d'impôts annoncée. Capital, oct. 2026 ↗
- Retraites
- L'âge minimal de départ serait fixé à 63 ans, avec une décote de 7 % par année avant 65 ans et un taux plein automatique à 65 ans, indexé à terme sur l'espérance de vie. Les jeunes entrant sur le marché du travail auraient 25 à 30 % de leur retraite en capitalisation ; les retraités actuels ne seraient pas concernés par ce volet. franceinfo, sept. 2026 ↗
- Santé
- Les arrêts de travail feraient l'objet d'un réexamen obligatoire à trois et six mois, ne pourraient plus être prescrits par visioconférence, et un jour de carence non remboursable serait instauré, pour 4 milliards d'euros d'économies annoncées sur l'assurance-maladie. Capital, oct. 2026 ↗
- École
- Les familles retrouveraient la « liberté de choisir l'école de leurs enfants », mille écoles autonomes seraient créées dans le public, les notes chiffrées seraient rétablies et la page du « collège unique » tournée. Des internats disciplinaires seraient créés et les professeurs « mieux payés, sur la fiche de paie », sans montant précisé. Site de campagne de Bruno Retailleau ↗
- Sécurité et justice
- Dans 50 à 60 quartiers, un « état d'urgence anti-trafics » permettrait de contrôler 24h/24 les entrées et sorties et de couper les communications. Les mineurs seraient sanctionnés par de courtes peines dès les premiers délits et la détention provisoire allongée. 20 Minutes, avr. 2026 ↗
- Immigration
- Le droit du sol serait supprimé, des quotas migratoires seraient fixés par la loi et les prestations sociales seraient conditionnées à cinq ans de séjour et de travail en France. Les grands choix migratoires seraient soumis aux Français par référendum. Site de campagne de Bruno Retailleau ↗
- Écologie et énergie
- Les centrales nucléaires seraient prolongées jusqu'à 80 ans, les EPR2 construits et les subventions aux éoliennes arrêtées. Les charges sur l'électricité seraient réduites et le diagnostic de performance énergétique (DPE) revu. Site de campagne de Bruno Retailleau ↗
- Europe et international
- La Constitution préciserait (article 88) que le droit européen ne primerait sur la loi que s'il respecte la Constitution et la répartition des compétences avec l'UE. Une loi organique pourrait revenir sur une jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme jugée contraire aux « intérêts fondamentaux » de la France. Les Républicains (entretien au Figaro), sept. 2026 ↗
- Institutions
- Toute question législative pourrait être soumise à référendum, et une loi censurée par le Conseil constitutionnel pourrait malgré tout entrer en vigueur après un référendum ou un vote du Congrès. Le référendum d'initiative partagée demanderait 2,5 millions de signatures au lieu de 5 millions. Public Sénat, sept. 2026 ↗
Combien ça coûte ?
Estimations publiées, avec le nom et la nature de leur auteur : le candidat lui-même, ou des organismes indépendants (think tanks, centres de recherche, institutions) qui n'ont pas tous la même sensibilité. Comparez-les plutôt que d'en retenir une seule.
Plan global de réduction de la dépense publique d'ici à 2032
197 milliards d'euros d'économies, dont 146 milliards pour réduire le déficit et 51 milliards « rendus » aux ménages (21 milliards) et aux entreprises (30 milliards) ; déficit visé sous 3 % en 2031 et à 2,2 % en 2032
Selon Le candidat lui-même · Capital, oct. 2026 ↗
Réforme des retraites (âge minimal 63 ans, taux plein à 65 ans, capitalisation)
Environ 42 milliards d'euros d'amélioration des comptes du système de retraite dans le plan d'économies (le candidat évoquait en septembre 40 milliards cumulés sur cinq ans)
Selon Le candidat lui-même · Le Monde, oct. 2026 ↗
Non-remplacement de 400 000 départs à la retraite de fonctionnaires et hausse du temps de travail à 1 623 heures par an
25 milliards d'euros
Selon Le candidat lui-même (tableau transmis à la presse) · Acteurs publics, oct. 2026 ↗
Suppression d'agences et d'opérateurs de l'État
7,5 milliards d'euros selon le candidat ; la commission d'enquête sénatoriale de 2025 codirigée par Christine Lavarde estimait l'économie à environ un demi-milliard
Selon Le candidat lui-même et commission d'enquête du Sénat, cités par Le Monde · Le Monde, oct. 2026 ↗
Ce qui pourrait bloquer
Obstacles juridiques, institutionnels ou budgétaires relevés par des sources identifiées.
Révision constitutionnelle soumise à l'accord des deux chambres
Le référendum promis à la rentrée 2027 porte sur une révision de la Constitution : selon l'article 89, le texte doit d'abord être voté dans les mêmes termes par l'Assemblée nationale et le Sénat. Les juristes interrogés par TF1 Info estiment que l'article 11 ne permet pas, en l'état, un référendum sur l'immigration.
« Censurer la censure » du Conseil constitutionnel
Les Surligneurs jugent la réforme juridiquement possible, le Conseil constitutionnel s'étant déclaré incompétent en 2003 pour contrôler une révision constitutionnelle, mais estiment qu'elle exposerait la France à des condamnations européennes.
Économies dépendantes de la réforme constitutionnelle
Selon Public Sénat, une très grande partie des économies prévues sur l'immigration est conditionnée au succès de la révision constitutionnelle : sans elle, la condition de cinq ans de séjour et de travail pour les prestations et l'examen de l'asile hors des frontières, chiffrés à 4,5 milliards d'euros, ne pourraient pas être imposés.
Primauté du droit de l'Union européenne
En droit de l'Union, une loi nationale contraire à une norme européenne doit être écartée au profit de la norme européenne (arrêt Costa contre Enel de 1964). Placer le droit européen sous la Constitution dans certains cas, comme le propose le candidat, se heurte à la jurisprudence de la Cour de justice de l'UE, pour qui cette primauté s'applique à tous les actes nationaux, y compris constitutionnels.
Projection mise à jour le 14 octobre 2026, fondée sur les annonces du candidat. Ce ne sont pas des résultats garantis : la plupart des mesures supposent une majorité au Parlement. Une erreur ? contact@onvotepourqui.fr